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Présidente du groupement "Dadague" (qui signifie "armé de courage pour relever les défis du mal de vivre" en haoussa) dans le village de Guidandahi Halima pense avoir 37 ans mais en réalité, elle a environ 50 ans. Elle est née dans le village de Matamé, au sud-ouest du Niger.
Elle se souvient être allée jusqu'en classe de CP puis elle a travaillé chez ses parents. Elle s'est mariée l'année de coup d'état de 1974, à l'âge de 14 ans. Elle dit avoir choisi elle-même son mari qui à l'époque, avait déjà deux épouses. Son mari est cultivateur et élève aussi un taureau. Elle a eu 8 enfants dont 4 sont décédés. Elle est maintenant grand-mère et de tous ses petits enfants, seule une petite fille fréquente l'école. Halima dit avoir pris conscience très tardivement dans sa vie que le savoir était important et donnait accès à beaucoup de choses. Elle dit que c'est l'ignorance qui a fait qu'elle n'a pas envoyé ses enfants à l'école. Selon elle, "le savoir est la roue motrice du monde". Halima est présidente du groupement "Dadague" du village de Guidandahi qui comprend 31 femmes. Depuis 2006, la Fondation soutient les activités génératrices de revenus de ce groupement, à savoir la fabrication de savons, de beignets et de l'élevage de chèvres. Halima est très heureuse de travailler avec nous, elle dit gagner 2000 fcfa par semaine (3€). Son rêve ? Améliorer ses revenus pour que ses enfants aient de meilleures conditions de vie. Le lien que les responsables de projet de la Fondation ont créé avec Halima s'est bâti au fil des missions: ils les visitent deux fois par an depuis 2006. Entre temps, l'équipe nigérienne et le représentant de la Fondation à Zinder passent régulièrement dans le village pour l'écouter, travailler avec elle et le groupement. Halima a eu, au fil du temps, la gentillesse de livrer les noms et propositions des différents "visiteurs" ONG qui sont passés une ou plusieurs fois dans le village. Ceci est exceptionnel car les villageois le plus souvent ne veulent pas parler des uns aux autres de peur de perdre une opportunité d'avoir des sources de revenus. C'est ainsi que, au fil des années, nous avons pu reconstituer le parcours d'une femme d'affaires qui a su, par son travail et son opiniatreté, saisir au vol les différentes opportunités qui sont passées à portée de sa main. Cette fois-ci elle a eu la gentillesse de nous livrer des chapitres de sa vie de famille. Nous nous connaissons maintenant, mais Halima et la brousse ne livre pas leurs secrets en quelques passages de vendeurs ambulants ...
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