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Témoignage de Joëlle Sicamois

Représentante de la Fondation Les Nouveaux Constructeurs - Premier à Zinder, d'août 2009 à février 2011

7 mois que je suis de retour, que j’ai quitté, trop précipitamment, l’internat, les enfants.
Quand je repense à ces 18 mois passés là bas, je pense à la chaleur, aux pannes d’électricité, aux pénuries d’eau, aux difficultés quotidiennes
auxquelles le Niger doit faire face. Mais surtout, je revois des visages ; des enfants d’abord, je me remémore les caractères, les bons moments que j’ai pu partager avec eux; les soirées à discuter dans un français parfois difficile à déchiffrer…

Je suis fière d’avoir participé à leur développement, à leur épanouissement. Car ce sont des enfants heureux que j’ai quittés ; certains ont fait de gros progrès à l’école, d’autres ont encore des difficultés mais quand on pense à leur village, à leur condition de vie, à la vie de leur famille, on ne peut que ressentir de l’espoir; l’espoir qu’un jour ils soient des moteurs de changement; que leurs enfants aient la chance d’avoir une éducation de qualité, de choisir leur avenir. Les plus grands d’entre eux commencent à comprendre cet enjeu, et lorsqu’on les interroge pour savoir ce qu’ils feraient s’ils en avaient la possibilité, leur première pensée va toujours vers leur famille, leur village. C’est quelque chose qu’il faut préserver; cet esprit de communauté, de solidarité. C’est une des richesses que j’ai eu la chance de connaître. Cet esprit si fortement ressenti lors de nos missions dans les villages des enfants, avec le travail que j’ai pu faire avec les groupements de femmes, les mères des enfants de l’internat. Si au départ elles étaient réticentes à laisser leurs enfants toute l’année loin du village, elles comprennent aujourd’hui l’espoir que cela suscite, et c’est à présent une communauté entière qui soutient l’internat, qui soutient l’éducation.

Je suis de retour certes, mais plus forte de mes rencontres avec ces femmes et ces hommes, ces villages, ces enfants. Une partie de moi est toujours là bas et «inch allah» un jour j’y retournerai !

 

 
 
 
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